samedi 4 septembre 2010
lundi 16 novembre 2009
Tracé de la voie de la première du Mt Antoine LeCoultre, face Nord Est
© Guillaume Vallot
L’élégance de cet itinéraire est à la hauteur des difficultés rencontrées… Une ligne parfaite sur la face Nord-Est de cette nouvelle cime répertoriée du Népal. Quasi sur la frontière tibétaine, cette montagne esthétique est individualisée est un rêve de grimpeur.
Ouverture : Du 19 au 22 octobre avec une préparation des 900 premiers mètres par Xavier Carrard, Jérôme Haeni, Stéphane Schaffter et Guillaume Vallot et l’aide de Krishna Tamang et Dawa Sherpa pour la préparation.
Description : Les 200 premiers mètres offrent des pentes principalement neigeuses à 45° qui viennent buter sous un court mur de glace à 70° lequel permet d’entrer dans la grande pente centrale exposée. En rejoignant les rochers de la rive gauche par des pentes s’inclinant à 50° mais en évitant les contres-pentes on atteint la « vire de l’Orient », très bon bivouac.
Une succession de traversées ascensionnelles d’iceflûtes impressionnantes donne accès 150 m plus haut au couloir central en évitant toujours les rochers surplombants de la rive gauche.
Un passage de glace à 80° donne à accès à l’entonnoir glaciaire venant buter dans un terrain mixte très raide, 4 longueurs. D’un ancrage sur les rochers de gauche revenir dans les iceflûtes centrales pour sortir en 2 longueurs vers la rive gauche. En trois longueurs mixtes raide on atteint un petit col très escarpé qui marque le début de l’arête faîtière menant au sommet. En laissant sur la droite une goulotte exposée aux chutes de pierres un enchaînement de corniches permet d’atteindre le sommet de 6589 m composé d’une corniche totalement suspendue.
Le camp 1, au pied de la montagne est à l’altitude de 5340 m.
Le camp 1, au pied de la montagne est à l’altitude de 5340 m.
Stéphane Schaffter au sommet du Mont Antoine LeCoultre
© Guillaume Vallot
L’espace le plus réduit rencontré sur un sommet avec une corniche totalement suspendue.
Stéphane Schaffter et Jérôme Haeni au sommet
© Guillaume Vallot
Les deux alpinistes sont immortalisés devant l’Everest au loin par Guillaume et Xavier Carrard à la caméra. La tension extrême d’une situation vraiment précaire laisse tout de même place au succès qui sera finalement digéré au camp 1.
Progression dans les profondes iceflûtes
© Guillaume Vallot
Les profondes ices flûtes précédant le mixte d’avant la crête sommitale sont presque tranquillisante malgré l’imposant vide au-dessous de nous.
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Ascension du Mont Antoine LeCoultre
Dans les goulottes et la glace de cette face Nord
© Guillaume Vallot
Au loin les premiers progressent sur la glace à 80° sous les impressionnantes rives de cet entonnoir final vers les 6000 mètres déjà.
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Ascension du Mont Antoine LeCoultre
Ambiance dans le couloir du Mont Antoine LeCoultre
© Guillaume Vallot
Depuis la vire de l’Orient le grimpeur de tête semble bien minuscule mais déjà le jour arrive et seul la concentration est de mise malgré un froid crispant un peu trop les doigts de pieds.
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Ascension du Mont Antoine LeCoultre
Ascension du couloir central du Mont Antoine LeCoultre
© Guillaume Vallot
Jérôme s’envole vers le sommet des cordes fixes, c’est aussi la seule façon de conserver notre chaleur interne alors que le soleil pointe lentement son nez dans le ciel.
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Traversée exposée entre les tranchées
© Stéphane Schaffter
Jérôme et Xavier reviennent après un équipement. Un passage très engagé à ne pratiquer qu’avec de bonnes conditions et avec une grande habileté, merci Xavier et Jérôme.
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Passage au relais, Mont Antoine LeCoultre
© Guillaume Vallot
Entre l’équipement du relais et le contrôle des Sherpas qui nous alimente en cordes fixes, l’équipement demande une grande énergie mais donne aussi une grande sécurité pour les enjeux de notre aventure.
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Ascension du Mont Antoine LeCoultre
Première partie du couloir dans le vent fort
© Guillaume Vallot
Ne pas se poser de question et user de toute sa motivation et son énergie devient le seul motif de progresser dans ces conditions pour un jour à vaincre tout de même.
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vendredi 13 novembre 2009
Portrait de Stéphane Schaffter
Stéphane Schaffter a marché 20 fois sur le Toit des Amériques, il grimpe les montagnes comme d’autres marchent ou pédalent mais ne prétend pourtant être rien d’autre qu’un alpiniste et guide de haute montagne.
Originaire du Jura, canton contestataire s’il en est, il possède la sérénité et la liberté de pensée de ceux qui ont accompli de grandes choses, un regard clair, de surcroît.
Adolescent, il crée un clan de grimpeurs dans le Jura, qu’il nommera les « Tabornios » — son clan ouvrait des voies dans les falaises alentour en les équipant du matériel prélevé sur des voies existantes afin de les épurer pour en augmenter la difficulté !
En 1975, Stéphane s’établit à Genève. Il travaille sur des chantiers mais aussi comme dessinateur machine, son premier job, et utilise tout l’argent gagné pour s’adonner à de longues semaines d’escalade et d’alpinisme.
Finalement il décide de suivre le cours de guide de montagne pour vivre de sa passion. Il comprend cependant qu’il y aura quelques compromis à accepter et démarre donc sa profession en 1978 avec des clients au Groenland, les expéditions sont rapidement privilégiées pour conduire ses clients.
Rapidement Stéphane se rend compte que son travail est saisonnier et trouve des partenariats avec des fabricants d’équipement de montagne comme consultant technique, une deuxième passion lui permettant de faire des expéditions personnelles, destinées à repousser ses limites ou à explorer de nouvelles voies.
En 1985, il entre dans le club des 25 alpinistes qui ont gravi le K2 et en 87 ajoutera à cette ascension exceptionnelle une première sur la Tour de Trango en réalisant son premier film « Bal du Trango ».
Depuis, il a filmé le premier trek à VTT autour de la cordillère Huayhuash et la première descente en snowboard de l’Everest.
Enfin en 2002, Stéphane organise, avec le concours d’un grand horloger genevois, une expédition qui commémore le cinquantenaire des genevois sur le toit du monde. Yves Lambert et Tashi Tensing, respectivement fils et petit-fils des alpinistes malheureux en 1952, conquièrent l’Everest par la voie normale le 16 mai 2002. Le film «Le rêve achevé» sera grand prix du Festival Torello et lauréat également au Festival des Diablerets.
La « Rencontre des Himalayas » germe dans ses projets dès 2004 et cette année l’incroyable rencontre se réalise avec ses amis de longue date. Sur une montagne vierge et très technique à l’image du créateur horloger qui soutient cette aventure.
Avec Xavier, Jérôme, Guillaume et ses Sherpas habituels Krishna et Dawa pour en revenir avec des images, la cordée formée à cette occasion réunit les deux Sherpas les plus mythiques de l’Himalaya pakistanais et Népalais : Littel Karim et Apa Sherpa devenus des amis depuis ces longues années en expéditions.
jeudi 12 novembre 2009
La rencontre des himalayas
La réalisation d’une nouvelle ascension au cœur de l’Himalaya symbolise toujours un certain aboutissement de la passion qui anime les alpinistes. Trop souvent considéré comme un environnement austère, la haute montagne reste évidement associée aux dangers des éléments naturels et seuls les plus confirmés s’aventurent sur le chemin des pionniers.
Depuis l’âge de 14 ans c’est le chemin de la découverte qui attire mon regard vers ces montagnes de rêve pour lesquelles mon esprit imagine des rencontres humaines dévoilées au fil des années par l’amitié avec des partenaires privilégiés.
"Little Karim" © Guillaume Vallot
1986, lors d’une expédition au Pakistan en compagnie du célèbre « Little Karim » mon cœur est saisi par la gentillesse de ce personnage mythique du Baltoro et 11 ans plus tard, au retour d’un tournage sur l’Everest, je propose à Apa Sherpa un trekking entre amis pour mieux découvrir ce personnage dont la similitude avec Karim m’incite naturellement à imaginer la rencontre de ces deux hommes.
Apa Sherpa © Guillaume Vallot
2004, au lendemain d’un tournage sur le toit du monde à l’occasion du cinquantenaire de la cordée Lambert et Tenzing, je m’envole vers le Népal à la recherche d’un sommet vierge où je pourrai réaliser une première tout en faisant l’éloge de ces personnages auxquels je m’encorderai.
L’élégance de la montagne de forme pyramidale a toute son importance pour démontrer leurs talents de grimpeur. Apa du Népal et Karim du Pakistan sont très célèbres dans le monde des grands himalayistes et je suis le lien humain qui réunira cette cordée exceptionnelle. Au fil des expéditions, ces deux amis me sont devenus très proches et mon projet résonne facilement dans leurs têtes. Entre le Tibet et le Népal au cœur de la Vallée du Nangpa La, je découvre un sommet idéal pour cette ascension, reste encore à convaincre les autorités locales pour obtenir un permis !
Finalement, c’est en 2008 que je concrétise l’obtention d’un permis et le partenariat financier à l’image de ma démarche de pionnier. La « Rencontre des Himalayas » peut démarrer.
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